ENQUÊTE DE MASQUE

 

L’actualité nous l’impose. Après maintes polémiques, de nombreux ratés et discours contradictoires, le couperet est tombé. Pas de déconfinement sans port de masque. L’après Covid 19 ouvre une nouvelle ère, celle de la vulgarisation du masque, accessoire indispensable à notre protection épidémique. Alors le masque 2020 deviendra-t-il un nouvel accessoire de mode ?

 

Masque & masques

Pour la majorité d’entre nous, le masque est un élément d’un costume destiné à nous divertir lors d’un carnaval ou d’une manifestation. Il exerce une fonction ludique. Nous admirons les masques rituels, masques de parade, de théâtre, de danse, masques funéraires propres à de nombreuses civilisations. Contemplons les masques d’ornement véritables œuvres d’art et reconnaissons que le masque est bien utile pour nous protéger dans la pratique de certains sports comme la plongée. Mais nous n’avions pas encore eu l’idée de nous promener en ville affublé de ce petit morceau de tissu en guise de protection.

 

Porter un masque c’est culturel?

C’est avec un air quelque peu amusé voire légèrement moqueur que nous regardions les touristes asiatiques porter des masques lors de leur séjour dans notre capitale. C’est oublier que le premier masque épidémique fût inventé par Charles de l’Orme, médecin attitré de Louis XIII lors de la peste de 1619 qui décima Paris. Puis porté lors de nombreuses pandémies et la fameuse grippe espagnole de 1918. À partir de 1950, le masque connaît une longue éclipse, on découvre le vaccin contre la grippe et les antibiotiques… Son retour en force date en 2003 de l’épidémie de SRAS qui se diffuse de Hongkong au reste de la Chine (comme l’explique François-Guillaume Lorrain dans son article du Point daté du 9/04/2020 « petite mythologie du masque »).

 

Smog couture

Toujours d’après François-Guillaume Lorrain, l’arrivée du SRAS ainsi que la prise  de conscience collective de la dégradation de l’air ont abouti à la vulgarisation du masque. Le Japon en a été le précurseur. C’est dans ce pays qu’a lieu le premier procès au monde contre une entreprise polluante en 1920. Suivi en 1950 de l’intoxication de la baie de Minamata. Dès 2014 le masque fait son entrée sur les podiums, on parle de smog couture. La culture pop s’en empare. Le masque noir devient la signature du groupe de Corée du sud les K-pop.

Haute couture

Très vite les marques de luxe commercialisent des masques, à l’usage purement esthétique en Asie. Les bloggeurs de mode s’en emparent, Off-white, Fendi (et son masque en soie) ou encore Gucci investissent le marché. Le créateur Akings met en vente un masque en python puis un masque végétalien.

 

Tendance !

Il est intéressant de constater qu’avant même la pandémie le masque était déjà un accessoire bien présent dans l’univers de la mode. Symbole de transgression des rappeurs américains depuis longtemps, il s’est « démocratisé » ces dernières saisons. La chanteuse Billie Eilish a fait sensation aux Grammy Awards en janvier dernier avec son masque Gucci assorti à sa tenue. La designeuse française Marine Serre en a fait sa marque de fabrique. Lors des défilés de février 2020 ses masques anti-pollution nés de son association avec le fabricant R-Pur ont fait sensation. Prémonitoire ?

 

Bleu blanc rouge

Et comme un clin d’œil à cette époque particulière, je ne résiste pas à un petit cocorico ! Nous avons tous découvert notre Président lors d’une sortie officielle arborer un masque discrètement siglée de notre drapeau national. Le masque de la République fait son entrée au Panthéon des accessoires de mode.

total look marine serre
smog couture
masque bleu blanc rouge

ci-dessus

Total look

défilé Marine Serre 2019

photo dr

en haut à droite

Smog couture

photo dr

en bas à droite

Bleu blanc rouge

© Ian Langsdon / Pool / AFP photo d’écran